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Une affirmation culturelle par le nom des fêtes

En Catalogne Nord, de plus en plus de communes font un choix fort et symbolique : nommer les fêtes catalanes dans leur langue d’origine, c’est-à-dire en catalan. Ainsi, on voit apparaître sur les affiches municipales et associatives des noms tels que "Festa Major", "Sant Jordi" ou encore "Sant Joan", là où l’on utilisait auparavant "fête patronale", "place Saint-Georges" ou "Saint-Jean".

Ce simple choix linguistique n’est pas anodin : il affirme clairement l’identité catalane du territoire nord-catalan, en la distinguant de l’uniformisation culturelle à l’échelle française ou européenne. Car oui, revendiquer la culture catalane est aujourd’hui une valeur ajoutée pour les communes, tant sur le plan patrimonial que touristique.

 

Une langue moins parlée, mais pas abandonnée

Même si le catalan est aujourd’hui bien moins parlé en Catalogne Nord qu’il ne l’était il y a quelques décennies, il reste vivant et porté par de nombreux acteurs locaux. Certaines communes vont plus loin encore en finançant des cours de catalan pour les enfants et les adultes.

C’est dans cette dynamique que s’inscrit l’appel de l’association Els Angelets de la Terra, qui demande à toutes les communes qui ne l’ont pas encore fait de respecter la dénomination originale de ces fêtes catalanes. Car, disent-ils : « La Sant Joan se célèbre en Catalogne Nord, la Saint-Jean, c’est à Paris. »

 

Un combat pour la visibilité (et l’intelligence collective)

Trop souvent encore, les affiches restent à 99% en français, avec une timide mention en catalan. Pourtant, il serait injuste de considérer la population locale comme incapable de comprendre quelques mots en catalan. Au contraire, des affiches bilingues – ou même majoritairement en catalan – seraient perçues comme un geste de fierté locale, et non comme un obstacle à la compréhension.

 

Une culture catalane à valoriser dans toute sa richesse

Bien sûr, appeler les fêtes par leur nom en catalan ne suffit pas. Il serait souhaitable qu’elles soient accompagnées de contenus culturels cohérents :

  • concerts de groupes de musique catalans,

  • sardanes et danses traditionnelles,

  • stands linguistiques,

  • expositions ou ateliers autour de l’histoire et de la langue du territoire.

Mais chaque chose en son temps : la première étape, c’est de ne pas renoncer à la langue catalane dans l’espace public. Nommer nos fêtes par leur vrai nom, c’est déjà défendre une mémoire, une identité, un territoire.